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Le Cinéphile Du Samedi

Drive

Publié le 8 Octobre 2011 par lecinephiledusamedi in Drame

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Drive

De Nicolas Winding Refn

Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman, Albert Brooks

2011, 1h40, -12 ans

     Réalisé par Nicolas Winding Refn, récemment à l'œuvre sur le très bon Bronson et l'excellente trilogie Pusher, Drive fait parti de ces films davantage à tendance cinéphile, à raison d'une réalisation trop caractéristique du cinéma d'auteur et traitant de sujets complexes, avec un recul pourtant fort efficace. Pour ce nouveau projet, Refn a su s'entourer des meilleurs éléments possibles. La bande-son, pour commencer, se classe aisément parmi les meilleures des trois dernières années, un son électro-pop des années 80 qui occasionne chez le spectateur des frissons, de par la beauté des paroles, l'efficacité instrumentale ou encore la perfecte adéquation d'avec les images qu'il accompagne. Le générique, responsable d'un apaisement certain au plus profond de soi-même, et accompagné d'une mélodie inoubliable, occasionne tant de sentiments, allant de l'émerveillement à l'allégresse. Plantant admirablement bien le décor, le générique permet un ancrage fort et durable, dans la peau d'un personnage génialement interprété par Ryan Gosling. Au travers d'un jeu d'acteur qui n'a rien à envier aux plus grands, ce dernier se révèle froid, implacable voire compréhensif, en fonction de la situation dans laquelle il se trouve. La belle Carey Mulligan lui tend la main, a une emprise sur son comportement. C'est l'élément déclencheur de tous ses faits et gestes, le fil d'Ariane d'un Thésée perdu et instable, qui rythme le récit à la manière d'une mère protectrice, d'une amie soudainement tombée sous le charme de ce bel et mystérieux inconnu. La détresse d'une amie qui peut encourager aux pires atrocités car, il faut le notifier, le film reste avant tout destiné à un public averti. Arrivé à la moitié du récit, c'est un véritable retournement de situation qui se présente, le Driver calme et posé faisant place au Driver surexcité et destiné à protéger celle qu'il aime. Usant d'un mental d'acier, le jeune acteur se retrouve bien décidé à trouver vengeance, avec explosion de phalanges au marteau, tir de fusil à pompe en plein visage ou gorge tranchée. Cette violence visuelle traduit parfaitement le changement de cap, d'un personnage serein et sage vers son autre facette, que l'on déclenche en menaçant son idéal et raison de vivre. Les qualités se retrouvent également dans le montage du film, bien calibré, bien dosé. La photographie est également travaillée, exemple en est avec le baiser tant attendue entre les deux acteurs, durant lequel les lumières se retrouvent temporairement tamisées, traduisant une volonté d'intimité. Ajoutons à cela la présence de deux ténors du petit écran : Ron Perlman, président du club de biker Sons of Anarchy, et Bryan Cranston, meilleur cuistot de meth de toute la côte Est dans Breaking Bad, une scène en commun rappelant celle d'Expendables ou se rencontre le trio Stallone, Willis et Schwarzy. Malgré la présence trop nombreuse d'hémoglobine ou la présence de petites scènes qui ralentissent un peu le récit, il est légitime de penser que nous sommes là face au film de l'année. Réalisation efficace, acteurs de talent, bande-originale magnifique, absence totale de censure, tous les ingrédients sont réunis et fonctionnent ensemble pour donner ce qui sera sans doute le meilleur crû de l'année 2011.

Verdict : 18/20

Matthieu "The Driver" H.

http://s2.lemde.fr/image/2011/09/23/540x270/1577045_3_5a26_ryan-gosling-et-carey-mulligan-dans-le-film.jpg

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